Officiel/Vatican : le Pape François tient promesse et lève le secret pontifical sur les abus sexuels

Officiel/Vatican : le Pape François tient promesse et lève le secret pontifical sur les abus sexuels

Les informations sur les dénonciations, procès et verdicts concernant les agressions sexuelles dans l’Eglise seront davantage rendues publiques, a annoncé le Vatican mardi.

Les associations de victimes de violences sexuelles dans l’Eglise catholique l’accusaient d’être un instrument de dissimulation et réclamaient depuis longtemps son abrogation. Elles viennent d’être entendues. Dorénavant, le secret pontifical, qui rend particulièrement opaques et frustrantes les procédures canoniques (selon le droit interne de l’Eglise) contre les clercs agresseurs, est aboli dans ces affaires. C’est ce qu’a décidé le pape François.

Un « rescrit » publié mardi 17 décembre par le Vatican établit que « le secret pontifical ne s’applique pas aux accusations, procès et décisions » concernant les violences sexuelles commises par des clercs sur des mineurs, des personnes vulnérables ou placées sous leur autorité, la dissimulation de tels faits par la hiérarchie et la détention de matériel pédopornographique.

Le texte prévoit néanmoins que les autorités ecclésiastiques devront traiter l’information sur les cas d’abus de manière à « assurer la sécurité, l’intégrité et la confidentialité » pour les personnes en cause. Elle ne sera donc pas publique. En revanche, elle pourra être communiquée aux autorités judiciaires qui en feraient la demande.

Un secret partiellement levé

Jusqu’à présent, ce secret pontifical empêchait les victimes non seulement de suivre le déroulement de la procédure ecclésiastique contre un prêtre ou un religieux qui les avait agressées, mais même d’être informées de l’issue du procès et d’une éventuelle sanction de leur agresseur.

« Les plaintes, témoignages et documents de procédure » relatifs aux abus et conservés dans les archives du Vatican ou dans celles des diocèses pourront être communiqués aux autorités judiciaires qui les demanderaient. Il s’agit d’un « signe d’ouverture, de disponibilité, de transparence et de collaboration avec les autorités civiles », commente le directeur éditorial des médias du Vatican, Andrea Tornielli.

Cette décision s’inscrit dans la suite du sommet sur la pédophilie qui, en février, avait réuni à Rome tous les présidents de conférences épiscopales. Les associations de victimes avaient critiqué l’absence de décisions à l’issue de cette réunion. Depuis, le pontife a promulgué un premier décret, en mai, qui fait obligation à tout prêtre ou religieux qui aurait connaissance d’un cas de violence sexuelle de le signaler à son autorité ecclésiastique.

En revanche, une autre demande des associations de victimes n’a pour l’heure pas été acceptée par le Vatican, à savoir l’obligation de signaler les faits de violences sexuelles par des clercs aux autorités judiciaires de l’Etat dans lequel ils ont été commis.

 

Avec lemonde.fr