« la jeunesse au Togo est un peu atypique » Kevin Ossah

0
263 vues

Génie Environnement de formation, il dirige actuellement l’Organisation des Jeunes Engagés pour le Développement Durable (OJEDD INTERNATIONAL) basée au Togo et représentée dans 15 pays dans le monde, Kevin Ossah, puisque c’est de lui qu’il s’agit, a accordé ce 22 mai, un entretien à notre rédaction. L’organisation qu’il dirige œuvre à travers des actions environmentales et socio-économiques pour un monde durable en Afrique de l’ouest. Ils intervienent dans la promotion des énergies renouvelables, l’agro-écologie, reboisement, etc… Découvrir si dessous cet entretien, dans lequel, l’activiste climat et entrepreneur social à répond à nos questions…

Journaliste : Quels sont les projets sur lesquels OJEDD a déjà travaillé concrètement au Togo? Quels sont les projets en cours? Quels sont les projets futurs?

Kévin Ossah : Nous avons commencé un peu plus en juin 2017 avec des projets de sensibilisation, de visibilité et de mobilisation des jeunes, des évènements et conférences sur le climat, le développement durable et les ODD au Togo en Afrique de l’ouest.

Actuellement, nous nous penchons sur des projets concrets dont tous les détails ne peuvent être étalés ici aujourd’hui. Vous pouvez en savoir plus sur notre siteweb : ojeddinternational.org ou sur nos réseaux sociaux.

En terme de perspectives, nous envisageons faire comprendre à la majorité des jeunes en Afrique de l’ouest les enjeux liés à l’environnement, aux changements climatiques et au développement durable afin de préparer une nouvelle génération d’employés et d’entrepreneurs qui comprennent que nous devons protéger la planète et avoir l’impact social tout en se faisant du bénéfice.

En parlant d’ODD, quels sont les objectifs sur lesquels votre organisation est positionnée au Togo?

Le premier c’est le 13: lutte contre les changements climatiques.

En évoluant, nous avons réalisé qu’on peut atteindre cet objectif sans travailler sur les autres ODD.

Par exemple, quand on interdit à un paysan togolais de couper les arbres dans son champ alors que ce pauvre a faim et doit couper l’arbre pour en faire du bois de chauffe ou du charbon avant de manger ou se faire un peu d’argent, on se rend compte du vrai problème. Alors, il faut trouver des alternatives.

La grande question c’est comment continuer par préserver l’arbre tout en tirant de quoi se nourrir ?

Tout simplement, il faut faire planter des arbres fruitiers qui lui rapportent des fruits pour se faire de l’argent et il ne pourra plus couper facilement.

Actuellement, on est plus concentré sur l’agroforesterie (ODD15) et l’agro-écologie (ODD2), la transition énergétique et l’accès des communautés à l’énergie durable et abordable (ODD7), l’autonomisation des jeunes et femmes (ODD8) et par moment des questions liées à l’eau et l’assainissement (ODD6).

Si le paysan se tourne vers la culture des arbres fruitiers, avez vous des accompagnements en termes de débouchés pour leur permettre de vivre décemment de cette culture ?

OUI. Nous avons des partenariats pour l’achat en quantité des fruits. On réfléchit également à la transformation sur place pour faire bénéficier le niveau local d’abord. Le covid19 nous y oblige!

Quels sont les impacts du Covid sur vos activités en général ? Comment vous adaptez vous à la situation pour continuer à délivrer ?

Les impacts sont négatifs en général. De façon concrète, nous avons fermé nos locaux pour un moment et nous l’avons réouvert ensuite. On assiste à un ralentissement des travaux, une restriction budgétaire. Des projets locaux et activités internationales annulées ou reportées. Il y a eu un remaniement du personnel aussi.

Néanmoins, nous restons actif grâce au digital, ce qui fait notre force. Tout avance lentement. Nous retravaillons beaucoup notre fonctionnement ainsi que le modèle économique. Nous n’oublions pas le respect des gestes barrières et mesures de prévention.

En tant qu’entrepreneur social, en dehors du Covid, quelles sont les grandes difficultés auxquelles vous faites habituellement face au Togo ? Comparer aux 15 pays dans lesquels vous êtes implanté, quels sont nos atouts, quelles sont nos faiblesses ?

Cette question est profonde. C’est le talon d’Achille de toute organisation à vocation sociale.

Je commence par ici, le Togo n’a pas encore reconnu l’entrepreneuriat social donc pas de cadre légal pour l’entreprise sociale.

Du coup, il y a une difficulté d’accès aux ressources financières qui ne dit pas son nom. Notre écosystème n’est pas encore favorable aux investissements sociales étrangers.

Autre chose, c’est notre cible. La jeunesse au Togo est un peu atypique, on ne sent pas en nous l’engagement.

Au niveau des autres pays, la réalité n’est quand-même pas la même. On n’est pas encore véritablement implanté aussi, mais on se base sur un système de représentation et de développement des branches pays.

Mais, on fait avec tout ça. C’est à nous de changer la donne!

Vous avez 23 ans. Vous avez déjà réalisé plein de choses pour un jeune de votre âge.
S’il vous était donné de définir en termes basiques l’entreprenariat social et de donner des conseils pour son émergence au Togo, que nous diriez vous?

À temps normal, je ne dirai pas grand chose. Pourquoi? parceque moi-même je n’ai pas encore les preuves de ce que je fais! Mais je vais essayer de donner ma façon de voir le terme. L’entrepreneuriat social, c’est tout simplement le fait de faire du profit dans la résolution d’un problème de la société tout en ayant un impact positif sur l’environnement.

POUR CONSEILS

1- Il faut que l’État définisse le cadre légal, un écosystème favorable et accompagne le processus (je pense qu’il y a l’ambassade des USA, le groupe Ecobank et la coalition nationale pour l’emploi des jeunes, CNEJ qui ont entamé ce processus) .

2- Il faut que la jeunesse togolaise se l’approprie véritablement. C’est une opportunité de création de richesse partagée et durable pour nous en tant que pays en développement.

Quel projet personnel particulier vous tient à coeur pour les prochaines années ?

Projet de développement de l’OJEDD au Togo et à l’international

Où peut-on vous suivre ?

Nous sommes présents sur les réseaux sociaux

– Facebook : facebook.com/ojeddinternational

– Twitter : twitter.com/ojedd_global

– LinkedIn : linkedin.com/company/ojedd-togo

Plus d’infos sur notre siteweb : ojeddinternational.org

Vous pouvez nous laissez un message sur: contact@ojeddinternational.org

Quel est votre mot de fin ?

Merci à vous pour l’opportunité. Merci à tous ceux qui nous suivent. Vivement que la jeunesse togolaise s’engagent à la résolution des défis liés au développement du pays à travers l’entrepreneuriat social. Merci.

Propos recueillis par Edem D.

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here