Victor Topanou : «Je pense que le Président de l’Université de Lomé a raté une occasion de se taire, et ce, pour deux raisons.»

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Après sa dernière sortie dans laquelle il prenait la défense du conseil africain et malgache pour l’enseignement supérieur (CAMES) il y a quelques jours, Prudent Victor K. Kouassivi Topanou Maitre de conférences de science politique des universités, revient sur les réactions qu’a suscitée cette sortie et « redresse », quelques inexactitudes dans la sortie de la présidence de l’Université de Lomé concernant l’affaire Cames. Le Professeur Topanou s’est confié à la rédaction de www.actu-togo.com au cours d’une interview exclusive. Lisez plutôt.
Actu-Togo : votre dernière sortie sur le Cames a suscité de nombreuses réactions dans le monde universitaire Togolais. Comment trouvez-vous cela ?
Prof Topanou : Je me réjouis des réactions qu’a pu susciter mon dernier papier, pas seulement dans le milieu universitaire togolais, mais plus généralement, dans tout l’espace du Cames. Ce qui est en cause c’est la lutte contre les pratiques immorales et amorales de certains parmi nous.

«Ce que nous faisons, c’est une lutte pour le juste retour à la norme éthique et de déontologie.»

Ces collègues ne constituent qu’une infime minorité, il faut bien le souligner, qui se mettent en réseau pour prendre en otage les organes du Cames pour faire du tort à l’immense majorité. Et cette minorité se retrouve quasi exclusivement dans le CTS des sciences juridiques et politiques. Parmi cette minorité, il y a, en bonne place, les collègues Togolais, mais aussi d’autres nationalités, sur lesquels nous reviendrons en temps opportuns.
Nous sommes un certain nombre à penser que l’on ne peut et l’on ne doit transformer les instances du Cames qui sont conçues pour promouvoir l’excellence pour faire une promotion au rabais, de copinage et de soumission indigne. Tel ne devrait pas être l’esprit d’un universitaire.
Dans le pire des cas, on peut encore imaginer que l’on utilise ses positions pour favoriser des gens ; c’est humain. Mais l’on ne peut accepter que l’on utilise ses positions pour empêcher les meilleurs de réussir sous prétexte qu’ils ne sont pas soumis, qu’on ne les aime pas, bref on ne peut utiliser ses positions pour régler des comptes. Ce n’est pas acceptable dans le milieu universitaire et c’est même contraire au Code d’éthique et de déontologie du Cames. Ce que nous faisons, c’est une lutte pour le juste retour à la norme éthique et de déontologie.
Quels intérêts ont vos collègues dont vous parliez a empêcher les autres d’évoluer ?
Juste un esprit retors. Tout le contraire de ce que devrait être un universitaire. Pouvoir dire « si je ne veux pas, il ou elle ne sera pas tel ou tel. Et qui sait s’il n’y a pas de la corruption des mœurs derrière ça.
La présidence de l’université de Lomé a dans un communiqué parlé d’une campagne maladroite contre elle; n’a-t-elle pas raison?
J’ai lu avec beaucoup d’intérêt le communiqué de la Présidence de l’Université de Lomé. Je l’ai croisé avec les déclarations du Président de l’Université de Lomé dans le N° 720 du bi-hebdomadaire l’Alternative du 20 juillet dernier, pp.4-7.
Je pense que le Président de l’Université de Lomé a raté une occasion de se taire, et ce, pour deux raisons.
La première est liée au contenu du paragraphe 2 du communiqué qui a été largement repris par le Président dans sa réponse au bi-hebdomadaire. Il y est souligné que le Cames envoie le dossier physique à l’administration et la version électronique dans la boîte de chaque expert. C’est inexact.

«Tout ceci vient corroborer les soupçons de tripatouillage qui pèsent sur lui et surtout sur Monsieur Kossivi Hounaké qui tout le monde le sait, ne pouvait agir ainsi sans la caution morale de son Président.»

Le Cames n’envoie pas de dossier électronique dans la boîte des experts. Tous les dossiers physiques sont envoyés à l’administration qui transmet contre décharge aux experts désignés par le Cames. C’est dans le dossier physique que l’expert retrouve une clé USB contenant la version numérique mais aussi et surtout un identifiant ainsi qu’un mot de passe de l’espace qui lui réservé sur la plateforme du Cames. Autrement dit, si vous ne recevez pas le dossier physique, vous ne pouvez pas accéder à la plateforme commune du Cames. Il est juste surprenant, pour ne pas dire plus, qu’un Président d’Université, plusieurs fois expert méconnaisse à ce point la procédure en vigueur et donne une version aussi erronée de la procédure.
La seconde, c’est qu’il ne revient pas à un Président d’université de désigner des experts à la place du Cames. Ainsi, quand Monsieur Dodzi Kokoroko affirme : « sur les quatre dossiers qu’est-ce qu’on peut faire ? Il faut commettre un Collègue sur place pour le faire » ou encore : « quand la situation m’a été rapportée, j’ai dit puisque le délai est passé, est-ce qu’il y a des collègues disponibles pour faire le job ? On m’a dit plus ou moins et on a voulu ventiler », il s’agit d’une faute lourde que l’on ne peut tolérer.
Tout ceci vient corroborer les soupçons de tripatouillage qui pèsent sur lui et surtout sur Monsieur Kossivi Hounaké qui tout le monde le sait, ne pouvait agir ainsi sans la caution morale de son Président. Car en réalité, il est fortement soupçonné d’avoir voulu récupérer le dossier d’une collègue Burkinabé pour mal le noter.

«nous saisirons la Commission d’éthique et de déontologie parce que ces faits seront constitutifs d’entrave à la procédure d’inscription sur les listes d’aptitude du Cames.»

A l’heure actuelle, nous cherchons à authentifier, par voie d’Huissier de justice, les déclarations de Monsieur au bimensuel l’Alternative. Si elles sont authentifiées, nous saisirons la Commission d’éthique et de déontologie parce que ces faits seront constitutifs d’entrave à la procédure d’inscription sur les listes d’aptitude du Cames. Elles seront contraires à l’éthique et à la déontologie de l’universitaire Camesien. Nous demanderons au Cames si effectivement « les dossiers dont les rapports n’ont pas tirés dans les délais normaux » ont été effectivement « renvoyés au Cames qui s’est tenu à Niamey pour que l’on désigne des instructeurs sur place pour les instruire » ainsi qu’il l’affirme dans son interview ?
Votre mot de la fin cher professeur
Nous irons jusqu’au bout de notre combat afin de redonner au CTS Sciences juridiques et politiques toutes ses lettres de noblesse que quelques uns, de par leur mesquinerie tentent de souiller.
Propos recueillis par la rédaction

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