Gagner de l’argent en produisant du manioc

Par la rédaction
Espèce de plantes dicotylédones de la famille des Euphorbiaceae, le manioc est un arbuste qui est largement cultivé comme plante annuelle dans les régions tropicales et subtropicales pour sa racine tubérisée riche en amidon. Avec plusieurs dérivées à savoir attiéké, tapioca, gari, purée de manioc et autres ; c’est un produit qui permet de générer beaucoup de ressources. Comment donc gagner de l’argent en produisant du manioc ?
Le manioc est un arbuste qui peut pousser sur des sols pauvres et secs. Mais récoltés très tôt, ses tubercules sont petits et contiennent moins d’amidon, mais beaucoup de fibres et d’eau. Quelques jours après la plantation, les boutures poussent des racines qui puisent l’eau et les nutriments du sol. Les premières feuilles absorbent la lumière du soleil et l’air. Plus le plant aborde la lumière, l’air, l’eau et les nutriments, plus riches seront ses tubercules en amidon. Ceux-ci accumulent le maximum d’amidon 8 à 12 mois après la plantation.
Comment produire du manioc riche en amidon ?
Premièrement, plantez des variétés sélectionnées améliorées résistantes aux maladies. Certaines variétés résistent à la sécheresse, d’autres se ramifient tôt et étouffent mieux les mauvaises herbes. Certaines variétés mûrissent plus vite.
Deuxièmement, appliquez surtout les miettes du charbon végétal qui possède du phosphore et potassium et fumier, du compostage qui contient de l’azote vital à la croissance du manioc. Ne laissez pas le fumier à découvert ou sur le sol : l’azote s’évaporera. Laissez fermenter le fumier ou le compost ; il perd ainsi son odeur et sa chaleur, tout en conservant ses nutriments. Lors de la plantation, ajoutez une poignée de fumier ou de compost et fermez avec de la terre.
Troisièmement, appliquez des engrais minéraux lors de la plantation ou 3 semaines après pour que les racines soient capables d’aborder les nutriments. Appliquez 5 grammes de NPK, l’équivalent d’une capsule de bouteille. Ajoutez-y une poignée de fumier et appliquez autour des plants puis fermez.
Quatrièmement, cultivez le niébé, l’arachide, le haricot ou le soja entre le manioc. En culture associée, semez-les 4 à 6 semaines après le manioc pour qu’elles ne recouvrent pas les jeunes plants. Les légumineuses absorbent l’azote de l’air et étouffent les mauvaises herbes.
Cinquièmement, plantez le manioc à un intervalle de 1 m sur 1 m a raison de 10.000 pieds à l’hectare et semez 2 lignes de légumineuses entre les plants. Ou plantez le manioc à un demi-mètre d’intervalle et laissez 2 m entre les lignes pour qu’il y ait plus d’espace pour les légumineuses.
Les Conseils du Spécialiste Edgard Deguenon pour obtenir 30 à 80 tonnes à l’hectare
Spécialiste en agriculture biologique, Master Trainer en certification SPG (Système Participatif de Garantie) et conseiller en commercialisation agricole circuits-courts et micro-irrigation ; Edgar Maxime Deguenon dévoile des astuces pour obtenir 30 à 80 tonnes de manioc à l’hectare au lieu de 15 à 30 tonnes. Pour l’Expert, il faudra choisir une variété à haut rendement, une variété qui convient au produit fini ciblé. Il recommande également d’acheter les boutures certifiées auprès des semenciers agrées par la Dagri. Edgard Maxime Deguenon conseille surtout de planter uniquement des boutures robustes et ceci dès les premières pluies de la première saison. Vous devrez ensuite observer une densité de 5000 à 7500 plants à l’hectare (au lieu de 10 à 12000 plants tel qu’il se fait). Pour obtenir un rendement exceptionnel à l’hectare, il faudra surtout selon le Spécialiste sarcler régulièrement au besoin et pratiquer de la rotation avec d’autres cultures
Steve Hoda
Source : AgriBusiness – actu-togo