Togo : « N’aam est une jeune entreprise spécialisée dans la production du beurre de karité et du curcuma » Mony KOLANI

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Juriste de formation et responsable de l’entreprise N’aam qui fait dans la production du beurre de karité et du curcuma, Mony KOLANI, nous livre tout sur ses produits et son entreprise en cette période de la Covid-19. Lire plutôt…

Journaliste : Que fait l’ entreprise N’aam ?

Mony KOLANI : N’aam est une jeune entreprise spécialisée dans la production du beurre de karité et du curcuma. La production du curcuma se fait ici à Lomé et le beurre de karité à Nayorgou dans la préfecture de Tandjoaré. Cette structure travaille avec un groupe de jeunes femmes productrices de Beurre de karité de la préfecture de Tandjoaré et dans les savanes »

Que signifie N’aam ?

N’aam tout d’abord signifie le « bienfait « , ou encore « arranger  » en MOBA, une dialecte de la savane (Nord-Togo).

Comment aviez vous commencé ?

Et bien n’aam est parti du fait que j’ai toujours aimer tout ce qui a trait à l’agriculture, et depuis toute petite je passais mon temps avec mon père les weekends dans sa ferme. Alors quand j’ai grandit j’ai décidé de me lancer, mais dans des domaines clés , d’une part le beurre de karité parceque c’est l’activité principale des femmes de chez moi (que j’aimerais aider ) et d’autre part le curcuma parcequ’il possède des vertus inimaginables dont la lutte contre le cancer.

Quels sont les produits que vous commercialisez ?

Pour l’instant nous commercialisons uniquement la poudre de curcuma, et le beurre de karité, par kilos et par tonnes que nous vendons, en fonction des demandes du client(emballages variables). Mais rassurez-vous, nous avons des produits en cours de téléchargement .

La boite de curcuma est à 2000f , le kilo à 13000 F

Faites nous une brève description du produit Curcuma.

Le curcuma est une épice utiliser le plus souvent en Asie et en Inde.
Il n’ y a pas d’ocassion pour l’utiliser, il peut être utiliser à n’importe quel moment. Il s’utilise soit en cusine comme n’importe quelle autre épice, soit avec du miel sous forme de thé et aussi est utilisé et cosmétique, pour les gommages visage.

Comment et pourquoi l’utiliser ?

Le curcuma renferme un principal pigment appelé la curcumine qui est un antioxydant, il empêche la multiplication des cellules cancéreuses, il aide à digérer, il favorise la santé du foie en réduisant les effets des médicaments et de l’alcool, il combat aussi l’ulcère et lutte contre les acnés, c’est un anti bactérien.

Quels sont les endroits où nous pouvons trouver vos produits sur le marché ?

Vous pouvez trouver nos produits à la vitrine INNOV’UP à assivito, bientôt à Made in Togo ou faites vous livrer en appelant le 91 73 89 28.

Comment un Togolais lambda peut faire pour acheter votre produit à distance ?

Oui nous sommes joignables sur ce numéro à n’importe quel moment, il suffit d’un coup de fil et vous êtes servi .
Nous songeons quand même à faciliter la tâche aux clients de se procurer nos produits dans les boutiques

Avez vous un marché national ou international pour écouler vos produits ?

Pour l’instant nos produits se vendent uniquement au Togo

Comment gerez vous cette période particulière au niveau de votre entreprise ?

En effet, la Covid-19 a eu un grand impact sur nos activités, d’autant plus que c’est une toute jeune entreprise, nous avons dû cesser les activités de beurre de karité au Nord pour ne pas prendre de risque. Ici à Lomé les activités du curcuma sont aussi au ralenti, d’abord nous avions un problème à faire venir la matières premières et aussi il n’y a plus vraiment de commande. Tout est au ralenti.

Vous n’êtes pas sans savoir que pour bénéficier des mécanismes en place comme MIFA, il faut être structuré soit en entreprise ou coopérative. Dites nous, est-ce que les femmes productrices avec qui vous travaillez sont structurées ?

Pas encore ,on y travaille. Justement une rencontre devait s’éffectuer dans ce sens mais avec le Covid-19 nous avons ralenti. Mais nous essayons de faire du télétravail (même si ce n’est pas très pratique) pour faire avancer les choses.

Quelles sont vos perspectives dans les années à venir ?

Dans les années nous voulons pouvoir rassembler toutes les femmes productrices de beurre de karité de Tandjoaré, les équiper de machines, les former ,afin de pouvoir atteindre une quantité très élevée de beurre ,pour la consommation locale et pour l’exportation.

Nous constatons la destruction des Vitellaria paradoxa (karité) dans tout le nord du Togo. Quelle est votre stratégie pour encourager nos parents a sauvegarder cette plante à usage multiple ?

En effet, c’est désolant. Pour y rémédier nous avons prévu une sensibilisation des parents mais surtout des jeunes afin que chaque 1er juin de l’année nous puissions planter au moins 100 pieds de karité à Tandjoaré, une sensibilisation aussi autour du reboisement.

Selon vous, les Togolais consomment local ?

Nous croyez moi c’est très difficile de faire avaler des produits togolais au togolais.

Selon vous, qu’est ce qu’il faut faire pour booster la consommation locale ?

Sans vous mentir il serait vraiment difficile d’y parvenir, nous pouvons passer par des sensibilisations et autres mais ,le vrai booster serait de pratiquer la politique de protectionnisme. Je suis consciente que cela impliquerait beaucoup d’autres paramètres mais à mon avis c’est la seule solution,tant que les produits étrangers seront sur le marché togolais et à un prix compétitif, l’entrepreneur togolais a à peine 40% de chance. Ou augmenter les prix des produits étrangers en passant par les taxes et impôts, il ya multiples moyens de le mettre en application . Mais est ce que le Togo est prêt à prendre le risque ? C’est la question à 1000 dollars.

Votre mot de la fin

Trouvons un moyen de rendre tout le monde fièr d’ être togolais et de consommer togolais.

Propos recueillis par la Rédaction

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