Opinion : L’addiction au Smartphone, de la dépendance à la décadence !

Par Seyram ADIAKPO

Les innovations et progrès techniques facilitent de plus en plus la vie. La communication est devenue plus facile et moins coûteuse avec l’avènement de la messagerie instantanée et de la téléphonie en ligne (VoIP). Le Smartphone offre une multitude de possibilité, en dehors de sa fonction traditionnelle de passer des appels. Les développeurs rivalisent de compétences et d’adresse pour offrir des applications novatrices et intéressantes. Avec cette multitude de possibilités qu’offre le téléphone, les dérives sont observables, notamment la dépendance au Smartphone (nomophobie).

La dépendance au Smartphone, qu’est-ce que c’est ?

La dépendance au téléphone La dépendance ou l’addiction au Smartphone est un phénomène qui concerne les personnes qui ne peuvent plus se passer de leurs téléphones. Elle est une notion voisine de la cyberaddiction (dépendance à Internet). En clair, c’est une addiction comportementale impliquant le Smartphone. Selon les spécialistes du comportement, elle a des liens forts avec la peur de la solitude. Il peut aussi être expliqué grâce à d’autres facteurs, notamment, le refus de socialiser dans le monde réel.

L’addiction au téléphone portable est très lié à l’addiction (ou la dépendance) aux réseaux sociaux. Beaucoup de personnes accordent un très grand prix à leur présence en ligne et sur les réseaux sociaux, au point d’être prêts à faire des sacrifices en temps pour entretenir. Beaucoup de personnes le conçoivent comme un prolongement de soi.

La nomophobie, un mal ?

En raison des multiples possibilités offertes dans le Smartphone, celui-ci est devenu un outil que chacun sort de sa poche au moindre temps mort ou même en pleine activité, soit pour vérifier les notifications de messagerie ou pour consulter les statuts ou lire des messages. On observe en moyenne qu’une personne regarde sur son Smartphone au moins quatre fois en 10 minutes.

Il existe une perception parfois trompeuse qui amène à penser que le téléphone serait tonifiant et permettrait de s’échapper un peu de la trépidante réalité du monde non-virtuel. Cependant, la dépendance au téléphone portable, le fait d’être « accro » nous ferait plus de mal que de bien.

Des conséquences sur le rendement

En effet, pour certaines personnes qui sont amenées à mener des activités de réflexions intenses, le Smartphone est une auto-perturbation contre lequel le sujet lutte en permanence, tant la tentation de manipuler son téléphone est grande. Il entraîne chez certaines personnes une propension à la procrastination et à la paresse. Le Smartphone est une source de distraction qui éloigne certains entrepreneurs et employés de leurs objectifs.

Il est de plus en plus courant de trouver dans des bureaux, des employés manipulant leur téléphone en souriant ou envoyant des messages vocaux alors que les objectifs de la journée ne sont pas encore atteints. Il ne faut pas négliger que le travail de certaines personnes se fait essentiellement en ligne sur leur téléphone portable.
Il faut une certaine rigueur personnelle pour pouvoir se départir du téléphone sur le lieu de travail. Il est bien évident que c’est une perturbation qui a des effets non-négligeables sur la qualité du travail et même sur les performances personnelles.

L’effritement des liens sociaux et la culture de l’apparence

L’addiction au téléphone est constamment nourrie de la cyberaddiction. Beaucoup de personnes ; accro à leur téléphone peuvent négliger les interactions sociales plus réelles. D’autres personnes sont dépendantes à cause de leur refus ou leur paresse de socialiser avec leur environnement. Cela entraîne des troubles de comportements. Cette situation amène à rencontrer des personnes très chaleureuses sur les réseaux sociaux mais qui, dans la vie réelle sont d’une asociabilité déconcertante et vice versa.

La dépendance au Smartphone amène aussi à la tentation de cultiver l’image sur les réseaux sociaux, afin d’entretenir l’écosystème des abonnés de ces réseaux sociaux. Ne sont-elles pas nombreuses, ces personnes qui, chaque jour, ressentent la soif de publier du contenu les montrant sous leur plus beau jour ?

N’assistons-nous pas à ces sous-phénomènes qui amènent des personnes à poster sur leur réseau social leurs états d’âmes pour attirer de l’intérêt ? Des études ont prouvé qu’en Europe, le taux de suicide est parfois lié au téléphone.
Il est de plus en plus courant de rencontrer des gens, assis au restaurant ou à une rencontre sociale ou à des repas de famille, chacun les yeux rivés sur son Smartphone, dans son univers numérique.

La dépendance au Smartphone, un danger… ?

Il n’est pas rare de voir dans les rues des personnes qui manipulent leur téléphone, l’air absent, et oubliant leur réalité. L’ordre public est de plus en plus menacé par la cyberaddiction et la dépendance au téléphone portable. En effet, même en conduisant, certaines personnes sont encore susceptibles de consulter leur téléphone. Ce manque d’attention sur la route rend les usagers vulnérables aux accidents.

Si le téléphone portable est devenu un gadget de choix dans notre vie courante, il est important pour les usagers et les décideurs de prendre des mesures afin qu’il ne devienne pas un danger pour les humaines.

Des solutions !

Il est possible de s’organiser pour ne pas être victime de l’usage excessif du téléphone portable. De jour en jour, des technologies sont inaugurées pour aider les usagers à s’organiser. Certains réseaux sociaux intègrent des outils permettant de limiter le temps de présence de l’internaute. Des développeurs créent des applications qui permettent de se rendre compte du nombre de fois que l’on a manipulé son téléphone ainsi que le volume en temps qui y a été consacré. Il existe aussi des applications qui permettent à l’usager de bloquer certains programmes chronophages au-delà d’un certain temps d’utilisation.

Si des outils sont disponibles, la plus grande arme et la meilleure solution reste incontestablement l’autodiscipline. La rigueur personnelle aidera à plutôt privilégier la chaleur des relations humaines vivantes à l’écran interposé, les résultats professionnels aux flâneries en ligne et l’importance de la vie humaine au téléphone au volant.

Toutefois, il est fréquent que des gouvernements prennent des mesures répressives à l’encontre des usagers du Smartphone au volant. C’est le cas notamment au Rwanda où la loi est particulièrement sévère à ce propos. Au Kenya, les usagers de la route surpris entrain de manipuler leur téléphone en conduisant sont simplement arrêtés.