Togo : le FCTD annonce la date de son prochain meeting géant à Lomé !

Le Front citoyen Togo debout (FCTD) était en conférence de presse ce mercredi 10 avril à Lomé. À l’issue de cette conférence de presse le mouvement de la société civile à annoncé, son intention d’organiser un meeting géant le samedi 04 mai 2019 à partir de 14 h 30 à Lomé sur le terrain de Akassime.

Par ce meeting géant, le FCTD entant aller à la rencontre des populations pour les sensibiliser sur le vivre ensemble et leur faire l’état des lieux de l’impasse politique qui a prévalu depuis le début de la crise politique au Togo.

Voici ci-dessous l’intégralité de la déclaration liminaire du Front citoyen Togo debout.

Chers camarades journalistes, chères concitoyennes et chers concitoyens, mesdames et messieurs,

Le Togo est plongé depuis des années déjà dans une crise savamment générée et entretenue par les responsables politiques, en particulier ceux du pouvoir, au détriment et au grand désarroi du peuple souverain. Après les élections législatives du 20 décembre 2018, organisées à pas de charge, de manière unilatérale par le gouvernement et en violation de la Feuille de route de la CEDEAO, cette crise a pris une nouvelle dimension et les Togolais, qu’on le veuille ou non, sont entrés dans une nouvelle phase de la lutte.

Mais pour mieux l’aborder, il est indispensable de procéder sans état d’âme à un état des lieux afin de
pouvoir envisager l’avenir en termes de défis et de savoir clairement le rôle que doit jouer la société civile dans cette nouvelle phase du combat.

1. Rappel et état des lieux

Après la publication de la Feuille de route de la CEDEAO le 31 juillet 2018, le régime togolais a tout planifié pour faire entorse et échec à sa mise en œuvre. Et pourtant, une Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) inclusive et équitable, tenant compte des forces politiques en présence, telle que soutenue par le Comité de suivi, a constitué un premier jalon et a suscité l’espoir quant à la volonté de la CEDEAO de solutionner définitivement la crise. Mais les événements qui se sont succédés avaient laissé perplexes plusieurs observateurs de la scène politique togolaise. Malgré les tensions qui faisaient craindre des lendemains difficiles pour notre pays, le régime, mu par le seul et unique souci de conservation du pouvoir, a organisé les élections législatives dans un contexte sécuritaire précaire et avec la complaisance de la CEDEAO qui refuse toujours la publication des rapports des experts électoraux qu’elle a elle-même diligentées.
L’on se rappelle que la société civile togolaise, les Églises catholique, protestante, évangélique et méthodiste, les associations musulmanes et de nombreuses organisations nationales ou étrangères, ont demandé un report de ces élections pour permettre une résolution véritable de la crise togolaise, en toute sérénité. Le peuple a refusé de légitimer ces élections en boycottant massivement le scrutin, démontrant encore une fois sa farouche volonté de changement. Cette victoire du peuple et de l’opposition démocratique marquera à jamais la longue marche de notre nation vers la liberté.

L’Assemblée Nationale issue du « scrutin de la honte » du 20 décembre 2018 fait sa rentrée et le
gouvernement annonce la tenue, en juin 2019, d’élections locales avec le même fichier et les mêmes organes de gestion des élections.

A quand la fin de cette « normalisation de l’inacceptable » ? A quand la fin de cette volonté de vouloir gouverner envers et contre tout, sans tenir compte des aspirations des citoyens ? A quand l’avènement de véritables institutions démocratiques crédibles et fiables capables d’organiser le vivre ensemble dans notre pays ? Du côté de l’opposition, nous constatons une forme de dislocation : certains partis politiques réunis au sein de la C14 ont quitté la coalition née de la crise, alors que celle-ci est toujours tenace. Nos prisons regorgent encore de détenus politiques et les réformes institutionnelles, constitutionnelles et le renforcement du cadre électoral tels que prévus par la Feuille de route de la CEDEAO sont restés lettre morte. Comment comprendre et interpréter cette attitude de l’opposition, pendant que la dictature durcit le ton par la restriction systématique, voire l’interdiction de la liberté constitutionnelle de se réunir et de manifester ? Après la forteresse constituée autour de la ville de Kara, l’état de siège « décrété » de fait sur les villes de Mango, Bafilo et Sokodé, le déversement des miliciens à Lomé, c’est au tour de la ville de Kpalimé de connaître l’avènement des miliciens déguisés en chasseurs traditionnels dénommés Abrafo : nous dénonçons fermement cette attitude du régime qui consiste à vouloir instrumentaliser la chefferie traditionnelle et opposer les populations aux vrais chasseurs traditionnels. Nous dénonçons également et fermement l’interdiction faite à un Togolais, Monsieur François Akila Esso Boko, de rentrer chez lui au bercail après tant d’années d’exil. Cette interdiction est décidée à l’encontre des dispositions constitutionnelles par ce régime qui clame régulièrement sa disponibilité à accueillir la diaspora et tous les exilés politiques.

2. Les défis à relever : la dynamique unitaire

La volonté d’être ensemble dans la Coalition a suscité un véritable espoir au sein de la population et entraîné un mouvement mondial qui n’est que l’extériorisation d’une soif vivace de changement dans le mode de gouvernance de notre pays. Car tout le peuple togolais, au sud comme au nord, aspire à un changement social véritable par l’alternance pacifique. Aujourd’hui beaucoup de sacrifices ont été consentis, beaucoup de citoyens togolais sont tombés, même des enfants, certains sont devenus des handicapés à vie, d’autres sont emprisonnés, déplacés ou contraints à l’exil… Dans un tel contexte les calculs égoïstes ne peuvent plus prévaloir. Ceux qui trahissent la lutte pour des intérêts innommables doivent savoir que l’histoire les rattrapera, à coup sûr. Le chemin a été trop long et douloureux et cette fois-ci, nous avons l’impérieux devoir de conclure cette lutte pour le mieux-être de tous.

Déjà, dans sa lettre ouverte adressée aux partis politiques membres de la C14 en septembre 2018, le FCTD affirmait et soutenait avec insistance qu’aucune formation politique quel que soit son niveau d’implantation et son audience auprès des populations ne peut y arriver en dehors d’une action convergente et unitaire, empreinte d’objectivité, d’humilité, de sincérité et de respect mutuel. Ces mots restent encore valables et sont d’actualité. Car la cause est nationale ; les enjeux sont au-dessus des formations politiques prises individuellement et le combat est mené surtout par le peuple pour arracher sa liberté, sa dignité, seules valeurs susceptibles de garantir une vie démocratique normale et apaisée dans notre pays.

Par ailleurs, dans son communiqué rendu public au soir du « scrutin de la honte » du 20 décembre 2018, le FCTD, au regard de la trahison de la CEDEAO et de l’entêtement du régime, avait écrit que le peuple togolais a démontré encore une fois de plus son rejet total du système cinquantenaire, sans pour autant entrer en confrontation directe avec les forces de répression, policières et militaires, en présence. Le FCTD avait également appelé le peuple togolais à continuer la lutte en l’intensifiant, car, aujourd’hui plus que jamais, les forces démocratiques doivent transcender ce qui les divise pour comprendre que ce qui les unit est nettement plus fort et plus noble : la liberté et la dignité de tout un peuple qui doit dorénavant compter sur lui-même. Dans cette logique, le FCTD encouragera et soutiendra toute initiative et toute action allant dans le sens de la réalisation des réformes, conformément aux aspirations profondes du peuple, et nécessaires à la concrétisation de l’Etat de droit et de la démocratie. Le FCTD apportera sans ambages, à chaque fois, de manière claire et non équivoque, son soutien à toute structure qu’elle soit politique, qu’elle soit de la société civile ou encore de la diaspora ou à tout regroupement de structures qui visent l’intérêt du peuple qui est le bien commun. L’unité d’action est toujours possible, elle reste indispensable et elle surpasse même le fait d’être coalisé. Seule la dynamique unitaire est salutaire, la résignation et la dispersion des forces sont suicidaires.

Dans cette même optique, le FCTD condamne encore vigoureusement toutes les manœuvres orchestrées par certaines autorités traditionnelles et déconcentrées de la Préfecture de Kloto, dans le silence complice et coupable du gouvernement, ainsi que tous les motifs fallacieux avancés par le Ministre de l’Administration Territoriale, de la Décentralisation et des Collectivités Locales pour faire entorse à la liberté de réunion et de manifestation, et appelle les populations à ne pas céder à ces manœuvres d’intimidation et à se mobiliser massivement pour prendre part aux différentes marches qu’organise le Parti National Panafricain (PNP) le 13 avril 2019.

3. La responsabilité de la société civile dans la nouvelle phase de la lutte.

La société civile ne doit pas rester en marge de la lutte. Les organisations de la société civile doivent désormais et de façon désintéressée s’inscrire dans la dynamique unitaire, indispensable au succès. Le rôle d’alerte, de veille et d’éveil de la société civile devient plus qu’indispensable. Elle doit être la sentinelle et le gardien du temple ; elle doit tirer sur la sonnette d’alarme en signe de prévention et de dénonciation, elle doit mobiliser les forces vives, rassurer toutes les communautés quant à la nécessité du changement, exiger un cadre institutionnel démocratique, appeler à un État qui respecte les droits des individus et des communautés. Elle doit aussi multiplier les rencontres avec tous les acteurs impliqués dans la crise et avec la communauté internationale. Dans cette dynamique, la société civile doit pouvoir créer des passerelles, des ponts d’une part entre les forces démocratiques de l’opposition elles-mêmes et, d’autre part, entre cette opposition et les forces progressistes du régime pour les rassurer sur la nécessité d’un sursaut patriotique en vue de créer des conditions pour une nouvelle société togolaise vivable et viable pour toutes les filles et tous les fils de la Terre de nos Aïeux. Elle doit enfin aller à la rencontre des populations et leur parler du vivre ensemble dans la justice et l’équité.

4. Et pour ce faire, le FCTD appelle donc à un meeting d’information et de veille citoyenne le samedi 04 mai 2019 à partir de 14h30 sur le terrain de Akassime.
« Que viennent les tyrans, ton cœur soupire vers la liberté ! Togo debout, luttons sans défaillance » !

Fait à Lomé le 10 Avril 2019

Le Front Citoyen « TOGO DEBOUT »

La rédaction